Figures mythologiques et figures antiques
Outre les sujets religieux, Henner s’inspire des poésies bucoliques de la littérature antique et de la mythologie pour créer des œuvres s’inscrivant dans une Antiquité idéale, sans référence à une époque précise.
Les objets
Peinture
Andromède
1880
Henner représente l’héroïne d’Ovide nue et enchaînée au rocher dans l’attente de Persée, son libérateur. Peint sur un couvercle de boîte à cigare dont on voit transparaître le bleu de l’étiquette, ce tableau est sans doute une des nombreuses esquisses préparatoires pour l’Andromède de 1880, à moins qu’il ne s’agisse d’une variation plus tardive sur le sujet, Henner ayant l’habitude de retravailler ses compositions et de réaliser de petites répétitions pour des amateurs.
Peinture
Les Naïades
1877
Henner a peint peu de grands décors comme Les Naïades, une commande privée pour la salle à manger de l’hôtel particulier de M. et Mme Soyer, 43 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris. Le peintre connaissait leur gendre, Paul Sédille, l’architecte des Magasins du Printemps. Henner, qui a déjà exposé une Naïade (nymphe aquatique dans la mythologie grecque) au Salon de 1875 (Paris, musée d'Orsay), compose avec une certaine maladresse un de ses rares tableaux à plusieurs figures.
Peinture
La Source
1881
Présentée au Salon en 1881, ce tableau est un des chefs-d’œuvre de Henner. Il représente une nymphe rousse, personnifiant la Source, assise de dos dans un paysage inspiré des paysages alsaciens. La composition reprend le schéma instauré par Henner depuis de nombreuses années : une figure rousse au bord d’un étang, niché entre une prairie et un écrin de forêt, aux abords d’une colline. Cette œuvre fonctionne comme un pendant avec La Fontaine (JJHP 239), peinte un an plus tôt. Toutes deux semblent être des variations sur le même thème de la lumière, ici de l’aube, en témoigne la posture et le geste d’éveil de la nymphe.
Peinture
Le Rêve ou Nymphe endormie
Vers 1896-1900
Henner aimant à reprendre les mêmes sujets parfois à des années de distance, il est souvent difficile d’identifier un tableau comme celui-ci, auquel le peintre n'avait pas donné de titre. On peut cependant le rapprocher de la Nymphe endormie, exposé au Cercle Volney en 1896, ou du Rêve, exposé au Salon de 1900. Cette œuvre contient les éléments caractéristiques qui ont fait le succès de Henner mais lui ont aussi valu d’être critiqué à cause d'une certaine facilité : une femme rousse dénudée à la peau très blanche dans un paysage typique du Sundgau où l’on retrouve presque invariablement les buissons, le petit étang, la colline et le ciel à la tombée du jour. S’ils s'inspirent des poésies bucoliques de la littérature antique, les paysages idylliques de Henner sont ceux de sa région natale.
Peinture
La Source
Vers 1881
Description à venir.
Peinture
Idylle
Réplique du tableau du Salon de 1872
Après 1860, Henner s’éloigne des sujets contemporains et explore des thématiques qui s’inscrivent dans une Antiquité intemporelle. Il expose au Salon de 1872 Idylle (musée d’Orsay, RF 95), dont l’œuvre ici est une réinterprétation tardive. Le titre de cette œuvre s’inspire de la poésie pastorale, genre poétique fondé par Théocrite, qui conte la vie rustique et les amours des bergers. Dans sa version, Henner choisit de représenter deux figures féminines : l’une joue de la flûte assise pendant que l’autre, debout, l’écoute.
Peinture
Églogue
1879
Ce tableau est une esquisse pour l’œuvre présentée au Salon de 1879 de format beaucoup plus grand : près d’un mètre soixante sur trois mètres ! (Petit Palais – musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, PPP 71). Représentant également un double nu féminin dans un paysage crépusculaire, Eglogue est comme une variation d’Idylle. Mais contrairement à l’œuvre précédente, celle-ci, de format horizontal, offre une part plus belle au paysage, qui n’est pas sans rappeler les paysages alsaciens idéalisés dont Henner systématise l’image. Pour cette œuvre, Henner s’inspire de Théocrite mais aussi de Virgile et de ses Bucoliques.