Dès sa réouverture en mai 2016, le musée national Jean-Jacques Henner a affirmé son souhait de développer le dialogue avec l’art d’aujourd’hui et a ainsi créé, en partenariat avec Les Beaux-Arts de Paris, une résidence d’artiste. Chaque année un artiste issu de l’école est invité à créer au musée, dans l'atelier situé au dessus du jardin d'hiver, et à se laisser imprégner par les oeuvres de Jean-Jaques Henner, la maison de Dubuffe ou le foisonnement artistique dont ce lieu est un témoignage. Les œuvres réalisées sont présentées à l’occasion d’une exposition.
Christelle Téa, diplômée des Beaux-Arts de Paris en juin 2015, est la première artiste en résidence choisie dans le cadre du partenariat entre son école et le musée national Jean-Jacques Henner.
Christelle Téa est née en 1988, elle vit et travaille à Paris. Son travail s’articule essentiellement autour du dessin et de la photographie. Entre 2010 et 2015, elle a été élève dans l’atelier de Patrick Tosani et de Jean-Luc Vilmouth aux Beaux-Arts de Paris où elle a également suivi les cours de Philippe Comar et Didier Semin.
Passionnée de musique (elle a pratiqué pendant 5 ans le chant lyrique dans la classe d’Alexandra Papadjiakou au Conservatoire du XVIe), elle a réalisé une série de dessins de chanteurs et d’instrumentistes de l’Orchestre National de l’Opéra de Paris, dessins qui ont été exposés à la médiathèque de l’Opéra Bastille en mai 2012. Par ailleurs, combinant montages photographiques et dessins, elle a réalisé de grandes fresques, inspirées d’airs d’opéras comme Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ou encore Faust de Gounod, dans lesquelles elle se met elle-même en scène. Elle est l’auteur de plusieurs performances chantées, notamment Carte Blanche à la Chapelle des Petits-Augustins aux Beaux-Arts de Paris, en 2011, et, Lady, à l’Amphithéâtre d’honneur et à l’Amphithéâtre de morphologie aux Beaux-Arts de Paris en 2012.
En 2014, elle effectue un séjour d’étude de six mois aux Beaux-Arts de Pékin (CAFA). En 2015, elle participe au workshop organisé par Jean-Luc Vilmouth et Clélia Zernik, Nature and Me, pour la Triennale d’Echigo-Tsumari au Japon. Aujourd’hui, elle se consacre essentiellement à réaliser des portraits dessinés sur le vif de personnalités diverses (artistes, collectionneurs, artisans, scénographes, chefs d’orchestre, instrumentistes, historiens, etc.). Elle les représente dans leur atelier, leur bureau ou chez eux, attachant une attention toute particulière au cadre dans lequel ils travaillent ou vivent, appréhendé comme l’expression de leur personnalité.
Née en 1988, Eugénie Alméras vit et travaille à Paris. Son travail est exposé de nombreuses fois au sein des Beaux-Arts, puis à Hambourg, et dans son ancien atelier collectif de peinture au Kremlin-Bicêtre. Elle étudie aux Beaux-Arts de Paris de 2009 à 2014 dans l’atelier de François Boisrond, un atelier de peinture figurative. Elle suit les cours théoriques de François-René Martin et de Didier Semin, ainsi que les cours de dessin d’après modèle vivant de James Bloedé. Elle obtient le Diplôme National Supérieur d’Arts Plastiques des Beaux-Arts de Paris en 2014 après une année passée à la Hochschule für Bildende Kunst, Hamburg, les Beaux-Arts de Hambourg.
Sa première exposition personnelle intitulée « Les Groupes » est une série de grands formats réalisée à l’huile sur le thème de la boxe. Elle réalise des portraits de boxeurs après le match afin d’exposer les stigmates et le sang rouge provoqués par le combat sur le ring. Elle travaille à partir d’images récoltées dans ses recherches : photographies, magazines, archives personnelles… Sa palette mêle tons bruns, rouges et bleus, inspirés de la tradition expressionniste, le rouge étant sa couleur de prédilection. Parallèlement, une série de paysages, « Les Refuges », inspirée de son village familial du Sud-Ouest, à la frontière espagnole, accompagne ses portraits en représentant un univers fantomatique.
Pour ses nouvelles toiles réalisées au musée Jean-Jacques Henner, s’appuyant sur ses recherches iconographiques, elle replace dans un contexte contemporain la nudité masculine. Elle revisite ce sujet, le plus ancien de l’histoire de l’art, à travers sa vision de la nudité et celle de son temps, face à la volupté et au mystère des femmes nues rousses de Jean-Jacques Henner. Quel équivalent masculin pour le terme de « muse » ?
Né en 1992, Demian Majcen vit et travaille à Paris. Diplômé de la Villa Arson en 2014, il a poursuivi son parcours dans l’atelier de Jean-Marc Bustamante aux Beaux-Arts de Paris, où il a obtenu son diplôme de fin d’études en 2017. Il y a suivi également les cours de dessin d’Hélène Delprat et d’esthétique du cinéma d’Alain Bonfand. En 2015, il a effectué un séjour d’étude au sein de la résidence artistique Centraltrak à Dallas au Texas.
Aux Beaux-Arts, Demian Majcen a développé une approche expérimentale et pluridisciplinaire : céramique, gravure, sculpture, peinture et tissage... C’est l’idée de mouvement qui lui a permis de relier ces différentes pratiques au travers de la chorégraphie et de la réalisation de courts-métrages.
Aujourd’hui, il invente un langage cinématographique à partir de son expérience sensible de plasticien. Il cherche à estomper les frontières entre la sculpture costumée et le corps en mouvement, entre le théâtre et la vie.
Au musée Henner, il s’est plus particulièrement penché sur la fin du XIXe siècle, période de bouillonnement intellectuel qui a vu naître le cinéma. Dans ses décors qui évoquent les quartiers d’artistes de la Nouvelle Athènes et de la Plaine Monceau, il fait se croiser des personnalités aussi passionnantes que Sarah Bernhardt, Jean-Jacques Henner, Loïe Fuller, George Méliès, ou Isadora Duncan... C’est par la fantasmagorie de sa camera obscura qu’il s’emploie à rendre ces chambres lucides.
Adrien van Melle est né en 1987 à Paris où il vit et travaille. Sa production mélange la littérature à diverses pratiques plastiques et confronte le spectateur à des environnements narratifs et fictionnels. Il travaille la fiction comme un matériau à part entière en faisant s’entremêler écriture, photographie, installation et vidéo.
« Depuis 2017, il crée et fait évoluer des personnages pensés comme une extension de lui-même, telle une arborescence de possibilités plastiques que l’artiste ne souhaite pas abandonner, ou exclure. Il s’en empare alors entièrement pour les transformer en œuvre et entretenir leur nature en devenir*. »
Après des études au Hunter College de New York et à l’ENS Louis-Lumière, il obtient en 2017 son diplôme aux Beaux-Arts de Paris. En 2019 il participe au 64e Salon de Montrouge et à diverses expositions de groupe. Il est actuellement en résidence à la Cité Internationale des Arts. Adrien van Melle est également éditeur et commissaire d’exposition, il a fondé avec Sébastien Souchon les éditions extensibles, qui publient des écrits d’artistes et un lieu d’exposition lui est associé, AU LIEU éditions extensibles, à Paris. Son travail est représenté par la galerie Florence Loewy.
*Texte de Licia Demuro pour le 64e salon de Montrouge
Victoire Mangez est diplômée des Beaux-arts de Paris en 2021. Tuiles usées, ornementations grotesques, fontaines spectaculaires sont autant de points de départ qui lui permettent de dérouler une pensée par jeux de rebonds et d’analogies. Victoire Mangez est lauréate du Prix Dauphine pour l’Art Contemporain (2023), elle est commissaire de l’exposition « Eaux d’artifice » au Palais des Beaux-arts de Paris (2021) et de « Olifant », au Château de Moyen, Lorraine (2017). Elle travaille également auprès de Ulla von Brandenburg depuis 2021.
Margaux Laurens-Neel, née à Deauville en 1997, est une artiste peintre, photographe et sculptrice franco-britannique. Elle vit et travaille à Paris. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2021, où elle fréquentait l’atelier de Joann Sfar, auteur de bande dessinée, celui d’Eric Poitevin, photographe et suivait l’enseignement de François-René Martin, historien de l’art. Son parcours a été ponctué d’un séjour à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne et d’un autre à Berlin.
Aujourd’hui, Margaux est accompagnée par la Galerie Droste qui lui a récemment offert l’opportunité de présenter premier solo show. Par un sensuel dialogue entre peinture et céramique, elle s’interroge sur la place et la représentation de la femme au travers de l’histoire de l’art et de la figuration, sur les modes de représentation des corps nus, et sur l’expression du désir féminin, par l’usage d’un bestiaire symbolique et du langage des fleurs, de celui du vêtement, de l’accessoire, de la couleur...
Elina Kulich est artiste plasticienne diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2023. Avec le dessin elle explore les relations entre mémoire, espace et transmission. à travers des compositions séquentielles, souvent réalisées in situ. Elle enseigne le dessin de morphologie et de modèle vivant, à la NABA des Beaux-Arts de Paris.
Portrait de l'artiste Elena Kulich
Lauréate du Prix des Amis des Beaux-Arts de Paris (2023) et du prix GIDE (2024), elle a également été finaliste à deux reprises du Prix du Dessin Contemporain (2022-23). Ayant remporté l'appel à projet des Vedettes de Paris, ses dessins seront imprimés sur la coque d'un de leurs bateaux en juin 2025. Elle a également obtenu la bourse Bredin Prat (2023), ainsi que la bourse de dessin Hélène Diamond (2020). Elle a remporté le prix de Bande-Dessinée de la Société Française de Physique (2022), et celui de Libération-Apaj (2017). Elle fut lauréate du concours vidéo du C.R.O.U.S. de Strasbourg (2018).
Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions collectives, notamment aux Estivales de Sceaux, à la biennale de la gravure de Sarcelle, aux Beaux-Arts de Paris, à la Halle de Fontenay, et à la galerie Marie de Holmsky. Elle a également participé à des projets internationaux, comme la Biennale de Venise (vidéo pour l’architecte Inessa Hansch) ou les Rencontres Internationales à la Haus der Kulturen der Welt à Berlin. Elle a été accueillie en résidence à la HfBK de Hambourg (programme ASA) et à Cartels, à La Défense.
Son projet au musée Jean-Jacques Henner s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire des lieux, la stratification de leur histoire et la transmission qui en émane. Le musée, marqué par la succession d’artistes, de Roger Jourdain à Guillaume Dubufe, avant d'accueillir l'oeuvre de Jean-Jacques Henner, est un lieu riche des ces figures passées et de leurs empreintes laissées dans l’espace. Il s'agira ainsi d' explorer cette mémoire par le dessin, en travaillant in situ et en rendant compte, par superpositions, déformations et jeux de reflets, des atmosphères traversées.