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Figures bibliques

Tout au long de sa carrière, Jean-Jacques Henner se consacre à une peinture religieuse subtile, entre représentation sensuelle et profonde spiritualité.

Les objets

Peinture

Christ aux donateurs

 Entre 1896 et 1903

Les sujets religieux, en particulier les représentations du Christ, sont récurrents dans l’œuvre de Henner. Plus que l’expression d’un sentiment religieux, ils apparaissent comme profonde méditation sur la mort. Comme une variation autour d’un même thème, le Christ au linceul du Salon de 1896 est ici repris quelques années plus tard dans le Christ aux donateurs, où il met en scène dans la partie gauche des membres de sa famille. Les trois figures (la belle-sœur de l’artiste et ses neveux Jules et Eugénie) ont visiblement été ajoutés par la suite, la composition étant peinte sur trois morceaux de toile cousus ensemble, pour faire du tableau un Christ aux donateurs dans la tradition de la peinture ancienne.

peinture du Christ allongé
Henner Christ aux donateurs © Jean-Jacques Henner, Christ aux donateurs RMN-Grand Palais / Franck Raux
Christ aux donateurs

Peinture

La Magdeleine

Entre 1878 et 1880

Cette œuvre est une étude pour La Magdeleine présentée au Salon de 1878 (Mulhouse, musée des Beaux-arts). On y découvre Marie-Madeleine à demi-nue, assise dans une attitude d’affaissement, les mains jointes et le visage tourné vers le ciel. Cette image rompt avec la représentation traditionnelle de la sainte, ici placée dans un univers clos, dépourvu d’accessoires et propice à la pénitence. Henner a représenté de nombreuses fois ce personnage biblique, dans différentes attitudes, mais comme le souligne Gabriel Séailles :

Portrait d'une femme rousse à demi nue affaissée, un drap bleu-gris recouvre ses jambes.
HENNER Jean-Jacques, La Magdeleine, huile sur toile, Salon de 1878 © Jean-Jacques Henner, La Magdeleine. Étude RMN-Grand Palais / Franck Raux
La Magdeleine

Peinture

Hérodiade

Vers 1887

Cette Hérodiade est une étude pour le tableau présenté au Salon de 1887 (localisation actuelle inconnue). Henner préparait souvent ses tableaux par de grandes études peintes sur papier brun qui lui permettaient de fixer les traits essentiels de sa composition. Elles se caractérisent par une force et une expressivité qui sont atténuées dans le tableau final. Hérodiade tient un plateau dans lequel se trouve la tête coupée de saint Jean Baptiste que sa fille Salomé a obtenue en dansant. Henner a peint plusieurs figures féminines de la Bible avec des poses assez proches : Hérodiade (en 1887 mais dont on connaît plusieurs variantes), Judith (vers 1886-1877) et Rébecca (vers 1903-1905).

Portrait d'une femme debout en robe rouge de profil tête de face
HENNER Jean-Jacques, Salomé, dite à tort Hérodiade - Salon de 1887 © Jean-Jacques Henner, Salomé, dite à tort Hérodiade. Grande étude préparatoire, vers 1887 RMN-Grand Palais / Franck Raux
Hérodiade

Peinture

Saint Sébastien

1888, dépôt du musée d’Orsay

Saint Sébastien est acheté par l’État au Salon de 1888 pour être exposé au musée du Luxembourg, alors consacré aux artistes vivants. Le sujet est peu original mais la manière dont Henner le traite montre une certaine singularité. Ainsi, le tableau met avant tout en valeur le corps du saint martyrisé au IIIe siècle pour avoir adopté la foi chrétienne, exprimant sa souffrance mais sans véritablement montrer les flèches, peu visibles dans un coin du tableau, ou le sang de son martyre. Le traitement des ombres et des lumières, où on reconnaît l’influence de Prud’hon, est également inhabituel par la manière dont le peintre fait disparaître un bras dans la pénombre. La lumière lunaire et le contraste entre le corps livide du saint et les voiles noirs des femmes sont caractéristiques du style de l’artiste. Une caricature parue dans le Journal amusant du 12 septembre 1888 le représente comme « Saint Sébastien mangé par les chauves-souris ».

Composition de 3 personnages dans un paysage sombre dont un homme pâle assis et deux femmes tapies dans l'ombre.
Saint-Sébastien, HENNER Jean-Jacques (Bernwiller, 1829 - Paris, 1905) 1888, Paris, peinture à l'huile © Saint Sébastien Jean-Yves Lacote
Saint Sébastien

Peinture

Adam et Eve trouvant le corps d’Abel

1858

En 1858, après deux échecs, Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec Adam et Ève trouvant le corps d’Abel. Le sujet du concours s’inspire de la Genèse : Adam et Ève découvrent le corps sans vie de leur fils Abel, tué par son propre frère Caïn. Se réjouissant que le sujet ne demande pas une reconstitution historique poussée, Henner écrit à son ancien professeur Charles Goutzwiller :

Composition de 3 personnages nus dans un paysage de montagne. Un homme gît sur le sol, une femme rousse agenouillée et un homme observant le gisant.
Adam et Eve trouvant le corps d'Abel, HENNER Jean-Jacques (Bernwiller, 1829 - Paris, 1905) 1858, peinture à l'huile, Paris © dépôt de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts Jean-Yves Lacote
Adam et Eve trouvant le corps d’Abel